Avancement Tégourou – Décembre 2006

RESULTAT DU VOYAGE DU 12 DECEMBRE AU 27 DECEMBRE

Préambule
Ce voyage de Victor Gottesman avait pour but de finaliser les accords entre le village et Grain de Sable d’un côté, de lancer la construction de l’école de Tégourou de l’autre.

Un projet de convention avait été préparé au préalable par Jérôme de Villepin et Victor Gottesman. Des retouches minimes ont été apportées sur place notamment sur l’entité signataire de la convention du côté village, qui doit être le « Comité de Gestion de l’école », ce comité ayant une existence juridique dans les textes de l’Education Nationale malienne.

La convention a été signée, Grain de Sable a obtenu son « agrément » au Mali ce qui lui donne une existence légale locale. Un compte bancaire a donc été ouvert à la BDM (Banque de Développement du Mali) et la commande de la construction a été signée avec l’entrepreneur local, situé à Bandiagara (12 Km de Tégourou).

La cérémonie de signature de la convention et de pose de la première pierre a été faite le 21 décembre, en présence de tout le village et de nombreuses autorités représentant l’état malien et les instances administratives concernées. La liste est donnée en annexe. Cette cérémonie et les agapes qui l’accompagnaient a été principalement financée par G2S.

L’événement a été couvert par la télévision nationale (ORTM) qui l’a diffusé le soir de Noël.

La prochaine étape est le [voyage solidaire de 10 jeunes de Chaville->http://graindesable.org/-Les-jeunes-de-Chaville-] (avec l’implication et le financement de la municipalité de Chaville) (de 16 à 25 ans, garçons et filles) pendant les vacances scolaires de février 2007 du 19/02/07au 05/03/07 pour participation à la construction et « immersion » complète dans la vie locale.

Lancement de la construction
Ce voyage a eu lieu du 12 décembre au 27 décembre et s’est déroulé en deux phases :
Séjour à Bamako du 12/12/06 au 16/12/06, transfert vers le pays Dogon le 16/12/06 (comme d’habitude en bus normal).

Séjour à  Bamako
Au cours du séjour de Bamako, plusieurs réunions ont eu lieu avec des représentants de l’enseignement supérieur et du ministère de l’Education Nationale Malienne en la personne de son Secrétaire Général.
Il ressort de ces discussions, oh combien captivantes, que la scolarisation complète des enfants d’un village, bien que souhaitable, introduit dans l’étape intermédiaire actuelle, les inconvénients suivants :
Les enfants scolarisés ne participent plus (ou de manière partielle) à la vie du village, occupés qu’ils sont à suivre leurs études de 8h du matin à 17h.

En ce sens, quand ils ont fini leur scolarisation, ils ne sont plus intégrés dans le village comme avant. On peut dire qu’ils sont « exclus ».
Lorsqu’ils finissent leurs études, l’état de développement économique du pays ne permettant pas d’offrir des emplois, ils sont aussi « exclus »   du système économique national. 95% des salariés actuels du Mali sont fonctionnaires ! (Le pays suit les directives de la Banque Mondiale, en privatisant un certain nombre d’activités qui étaient assurées par des fonctionnaires. Pour le moment cela supprime des postes mais ne semble pas en créer en quantité équivalente ! Mais cela mène à une autre réflexion sur l’intérêt, pour eux mais peut-être aussi pour nous, de faire de la privatisation un but en soi).

Donc, la scolarisation totale, même si à terme elle est souhaitable sans l’ombre d’un doute, doit être gérée, pendant l’étape transitoire entre un taux de scolarisation de 25% et un taux de 100%, de manière attentive afin de ne pas déstabiliser le milieu.

Les interlocuteurs précédents proposent la solution suivante : inclure dans les matières enseignées à l’école, des sujets concernant les activités et la vie du village (agriculture, élevage, …..) ce qui permettrait aux enfants de les traiter en se servant des connaissances générales qui acquerraient par ailleurs et ainsi les améliorer.

Ces interlocuteurs ont donc décidé de créer sur le champ un comité de réflexion nationale sur le sujet (5 ou 6 personnes) afin d’étudier la manière de s’y prendre, l’école de Tégourou servant de terrain d’expérimentation.

Un comité régional composé du Directeur de la Jeunesse et des Sports et de l’équivalent de l’inspecteur d’académie, servirait de relais au comité national pour mise en application… A suivre

Pour ce qui concerne le statut « école communautaire/école publique » de l’établissement que nous allons construire, le secrétaire général du Ministère de l’Education Nationale s’est engagé à signer la demande de transformation du statut actuel dès qu’il la recevrait.

Par ailleurs, au cours du séjour, a été reçu le document officiel d’ « agrément » de G2S par le l’état malien ce qui signifie que G2S a une existence légale au Mali et est domiciliée dans le bureau du contact permanent de G2S en la personne de Ablaye Kansaye qui devient son représentant local. Adresse locale : Grain de Sable, face au motel Sévaré, Immeuble Djoro, BP 227,  MOPTI (Mali)

Une procédure pour obtenir un « accord cadre » est en cours au travers d’un juge à la Cour Suprême du Mali qui est Dogon et soutient donc l’action de G2S . Ce statut permet de bénéficier de l’appellation d’ONG ainsi que de l’exonération fiscale (TVA et droits de douane).
Cérémonie de pose de première pierre, signature de la convention de partenariat.

Le but du voyage était le lancement de la construction puisque les sommes récoltées couvrent 80% de la construction. Il reste à assurer les 20% + le mobilier. Le problème de l’adduction d’eau est plus complexe que prévu et nécessite une analyse technique plus poussée car il faut trouver un maître d’œuvre fiable permettant de garantir le bon fonctionnement et il faut assurer la maintenance normale. Ce problème reste donc à l’étude mais sera décalé par rapport au calendrier initial.
La convention préparée par Jérôme de Villepin et Victor Gottesman n’a été que très légèrement modifiée (signature avec le comité de gestion de l’école qui correspond à une entité identifiée dans les règlements de l’Education Nationale malienne).
2 jours avant la signature, une réunion a eu lieu entre G2S et le village, au cours de laquelle la convention a été expliquée. Une réunion interne au village a eu lieu ensuite et il nous a été indiqué que le village était d’accord sur les termes de la convention.

Les invitations pour la cérémonie ont été préparées sur le PC que Victor Gottesman a apporté à notre représentant local de Sévaré.

La cérémonie a donc eu lieu la 21 décembre à partir de 10h. Le programme était le suivant.
•    10h00    Discours de bienvenue et de remerciements
•    10h30    signature d’une convention de partenariat et pose de la première pierre
•    11h00    danses par le village (danses de masques)
•    12h30    Déjeuner
•    14h00    Fin de la manifestation

Les intervenants pour les discours furent, dans l’ordre:
•    Le maire de Doucombo (commune à laquelle appartient Tégourou)
•    Le Directeur du CAP (Centre d’Animation Pédagogique de Bandiagara)
•    Victor Gottesman

<img47|right|lightbox|largeur=150>Participaient de plus à cette manifestation, le Directeur Régional de la Jeunesse et des Sports de Mopti, le Directeur d’Académie de Duenza et un certain nombre de personnalités.

La télévision malienne a couvert l’événement qui a été diffusé aux informations de 20h30 le soir de noël.
Le lendemain, était signée la commande de la construction à l’entrepreneur. Elle doit être en principe livrée fin avril.

Suivi de la construction
Afin d’assurer le suivi de la construction et de contrôler la participation promise du village, une procédure a été mise au point :
Une inspection inopinée aura lieu 2 fois par mois sur le chantier. Au début du chantier une liste des participants sera établie et au cours des visites d’inspection un relevé des présents sera fait.
Une photo numérique des présents sur le chantier sera faite ainsi qu’une photo du chantier (1 photo par face du bâtiment). Le tout sera rapporté à Sévaré (bureau local de G2S) et Ablaye Kansaye l’enverra à G2S Chaville.

En cas d’anomalie de fonctionnement, le représentant local de G2S fera une intervention pour rectifier les choses et informera G2S.
Pour l’échéance des paiements, le contrat stipule que G2S versera un acompte de 30% au démarrage des travaux, le solde à la livraison. Le contrat prévoit une garantie décennale.

Actions à venir
La construction a donc été lancée et devra être terminée vers la fin avril pour une mise en service à la rentrée scolaire de septembre 2007.
Une demande officielle de statut d’école publique a été préparée au cours du séjour et sera envoyée par la voie légale : commune –> CAP –> Ministère de l’Education Nationale
Entre le 19/02/07 et le 05/03/07 un groupe de jeunes de Chaville composé de 6 garçons et 3 filles partiront pour participer à la construction. Ils seront encadrés par 3 éducateurs et un gendarme mobile de l’escadron parrainé par Chaville. La présence de ce gendarme, rompu à des missions habituelles outremer, permettra de faire face à des problèmes éventuels pouvant apparaître en « milieu hostile ».
Il est prévu une immersion complète avec hébergement dans les familles afin qu’ils puissent se rendre compte des conditions de vie locale. Néanmoins, afin de minimiser les risques sanitaires, boissons et nourriture seront préparées et fournies de manière centralisée avec sensibilisation préalable de tous aux règles élémentaires souhaitables.
Outre la participation à la construction, un minimum de visites touristiques est prévu : Visite de la falaise de Bandiagara, Djenné, pinasses sur le fleuve Niger, Mopti, Bandiagara.
Des contacts avec les jeunes locaux auront lieu ainsi qu’une rencontre avec le Lycée de Bandiagara et une manifestation à Mopti organisée par le Directeur Régional de la Jeunesse et des Sports.