Ecole communautaire de Tégourou (Mali) : Mesures à prendre pour sa bonne marche et pour la suite des réalisations

Compte rendu d’étape

La première pierre de l’école communautaire de Tégourou a été posée le 22 décembre 2006. Après un peu plus d’une année d’activité soutenue en vue de la construction de l’école communautaire de Tégourou, son inauguration officielle a été faite le 15 novembre 2007. Au cours de cette période, pendant les vacances scolaires françaises de février, un groupe d’adolescents de Chaville, encadré par des éducateurs de la ville est allé dans le village pour participer à la construction.

Un réalisateur de cinéma a accompagné le voyage dans le but de faire un film sur cette « aventure » et sur son déroulement : motivations initiales des jeunes, montage du projet, découverte du milieu local et insertion, réactions diverses, activités et réactions au retour à la « civilisation ».

L’équipe initiale des jeunes continue à s’impliquer dans le projet et est en train de monter un court métrage à partir des rushes pris sur place. Réciproquement un jumelage a été fait entre une classe de 6ème du collège Jean Moulin de Chaville et la classe de 5ème niveau de l’école. Un fascicule de dessins faits par des enfants de centre de loisir de Chaville et des élèves « broussards » d’un internant de Bandiagara comparant les conditions de vie à Chaville et à Tégourou est en cours d’élaboration.

La construction étant terminée, voici un bref compte-rendu de la situation de notre action et de l’état de nos réflexions. Au mois de février 2007, le groupe qui s’est rendu à Tégourou était composé de 17 personnes, au mois de novembre 2007 le groupe comprenait 11 personnes.

  1. Etat des lieux janvier 2008, réflexions, suggestions et attentes. Trois vastes salles de classe existent ainsi qu’un bureau du directeur, une bibliothèque et des latrines. L’école est dotée d’un éclairage solaire pour faciliter le travail personnel des élèves le soir.Nous avons suggéré à la commune de Doucombo à laquelle appartient le village de procéder à une demande de statut d’école publique et de dotation de tables-bancs. Cette demande a été faite et déposée le 15 septembre2008 (c’est à dire avant la rentrée scolaire 2007-2008), selon la procédure administrative, au CAP de Bandiagara (équivalent de l’inspection académique française) qui ne l’a transmise à l’Académie de Douentza que le 15 décembre 2008. A notre demande, le CAP de Bandiagara a nommé, dès le retour des vacances scolaires de fin d’année de janvier 2008, un enseignant supplémentaire. Cela porte le corps enseignant de Tégourou à 3 personnes qui pourraient, chacune, prendre en charge 2 niveaux afin d’assurer ainsi globalement un enseignement primaire complet.Nous sommes sur le point d’installer une adduction d’eau solaire (panneaux solaires, pompe, château d’eau, canalisations, bornes fontaines et douches) pour l’école.Enfin, nous avons amené le 12 novembre 2007 deux coopérants rompus à la pratique de l’alphabétisation qui ont pris en charge l’enseignement des enfants (et adultes) non scolarisés jusqu’alors. Ils ont commencé le 19 novembre et restent jusqu’au 11 février 2008, date de leur retour sur Paris.Le nombre d’enfants fréquentant l’école était de 75 environ avant la mise en fonction de la nouvelle école et s’est accru de 80 à 90 enfants pour atteindre un total de 155 environ. Le nombre augmente régulièrement selon un rythme dépendant des contraintes diverses locales (parents, village, enseignants, etc..)La situation à ce stade est décrite ci-après et a été évoquée auprès des instances et personnalités suivantes :
    Le Gouverneur de la Région de Mopti
    Le Président du Conseil de Région
    L’ancien Secrétaire Général du Ministère de l’Education Nationale appelé à d’autres fonctions universitaires depuis la formation du nouveau gouvernement
    Le Directeur Régional de la Jeunesse et des Sports et de la Culture
    Le Directeur et certains conseillers du CAP
  2. Attentes et améliorations
    • La qualité de l’enseignement constatée dans l’école de Tégourou nécessite une amélioration : niveau faible et implication inégale des enseignants. Le statut d’école publique en cours doit permettre de résoudre cet écueil grâce à la nomination d’enseignants titulaires ayant suivi la formation nationale de l’IFM (équivalent de notre cycle IUFM français). Un suivi régulier et attentionné par le CAP de Bandiagara sur la qualité et le sérieux de l’enseignement pratiqué dans l’école est indispensable.
    • L’hygiène des enfants est défaillante et nous avons beaucoup insisté sur la nécessité d’en introduire un minimum avec l’aide du conseiller du CAP en charge des aspects sociaux. Cette pratique est en cours et sa régularité conditionne l’installation de l’adduction d’eau.
    • Nous avons eu à intervenir pour de nombreux cas de santé que nous avons essayé de résoudre en organisant plusieurs transports d’enfants de Tégourou au Cesref (centre de santé) de Bandiagara. Nous avons eu à traiter un cas particulièrement grave qui, sans notre intervention, était mortel à courte échéance. Nous avons demandé au Cesref de pouvoir organiser dans l’école, qui est libre le mercredi et le jeudi après midi, des consultations régulières pour le village et les villages avoisinants.
    • Nous avons mis en chantier la réalisation d’une « buvette » au bord de la piste Bandiagara-Bancas. Le renforcement de l’installation électrique solaire de l’école permettrait l’alimentation d’un réfrigérateur rendant possible la vente de boissons fraîches à tous ceux (locaux et touristes) qui fréquentent cette piste. Ce point de vente permettrait de proposer simultanément de la nourriture locale et des objets touristiques tels que sculptures ou tissus de fabrication artisanale. Cette buvette serait tenue par des habitants du village (déjà identifiés) et une partie de la marge sur le chiffre d’affaire réalisé leur serait affectée, le reste étant utilisé comme complément pour les dépenses concernant l’école.

    L’idée maîtresse est d’utiliser l’infrastructure et la présence de l’école comme base de développement du village avec l’aide des autorités et acteurs maliens.

    Cette réalisation constitue une phase pilote pouvant déboucher sur une suite touchant plusieurs villages (actuellement 6 à 7 villages sont identifiés et ont été visités), à condition, bien sûr, que l’apport au tissu local de la réalisation actuelle soit indéniable.

    La continuation d’un tel programme serait d’autant plus convaincante si un « accord cadre » avec l’état malien pouvait assurer, pour chacune de ces réalisations, et de manière quasi automatique le statut d’école publique, la dotation de tables-bancs, l’affectation d’enseignants de qualité et une réflexion commune sur l’utilisation optimum de l’infrastructure scolaire pour la convergence de services utilitaires touchant au commerce, à la santé, à l’hygiène et, pourquoi pas, un minimum d’hygiène alimentaire.

Voilà la situation pour laquelle le soutien de tous et principalement des autorités maliennes serait très apprécié.
Comme nous l’avons souvent affirmé au cours de nos voyages, nous n’avons pas pour but de faire de l’ingérence et de nous immiscer dans la politique malienne mais simplement de venir en support, à notre modeste niveau, dans le développement de zones déshéritées telles que celles où nous intervenons.