Le mot du président

[singlepic id=72 w=150 float=left]Comme nous l’avons toujours affirmé, l’axe de développement de Grain de Sable (G2S) est celui de l’éducation grâce à la construction d’écoles principalement primaires (1er cycle) pour des enfants de 6 à 12 ans. Notre première réalisation à Tégourou a été inaugurée en novembre 2007, soit 11 mois après la pose de la première pierre. Cette inauguration a donné lieu à une grande cérémonie en la présence de nombreuses personnalités comme le sous préfet de Bandiagara, représentant le préfet et le gouverneur, le directeur régional de la Jeunesse, des sports et de la culture de Sévaré, le directeur du CAP de Bandiagara, le maire de Doucombo (commune à laquelle appartient le village de Tégourou).

Une visite de l’école a été organisée et tout le monde a pu admirer l’architecture particulièrement séduisante que nous avons voulu donner à cette construction réalisée par l’entreprise d’Ibrahima Guindo de Bandiagara. Dotée d’éclairage solaire afin de pouvoir servir de lieu d’études après la tombée de la nuit, elle sert aussi de lieu de permanence d’activités de soins grâce à la présence plusieurs fois par semaine d’un représentant de l’unité médicale de Bandiagara (cf. article sur le sujet de la santé par Catherine Frédonie).

Cette première expérience a été passionnante et, comme prévu, nous a conduit à nous impliquer dans des domaines imprévus et qui ne nous paraissaient pas directement liés à la mission initiale que nous nous étions imposée comme  l’hygiène, la santé, la lutte contre les manques de ressources économiques, les relations entre groupes du même village et les problèmes d’influences.

Cela nous a fait réviser notre position initiale et orienter notre démarche d’une manière plus globale: l’école, souvent seul bâtiment en dur du village, peut servir de base à l’évolution du village. Outre la scolarité proprement dite, elle doit permettre d’ouvrir la  porte au progrès:

  1. utilisation du local de l’école le soir (la nuit tombe vers 18h alors que les cours finissent à 17h) pour permettre aux élèves de faire les devoirs pour le lendemain. Rappelons que sans cela leur seule possibilité est l’étude à la lueur des braseros ou des torches électriques.
  2. Implantation dans une salle de classe d’une permanence de santé de Bandiagara plusieurs fois par semaine les jours où il n’y a pas cours.
  3. Enseignement de l’hygiène aux élèves et éventuellement pour les autres enfants volontaires. Se laver tous les jours, ne pas se baigner dans les marigots à cause des risques de maladie et d’épidémie. Outre l’intérêt direct évident pour les enfants, on peut espérer ainsi la diffusion progressive indirecte de ces pratiques au sein de leurs familles.
  4. Afin d’améliorer ces pratiques, G2S implantera une adduction solaire d’eau d’ici à fin 2008 pour l’école et l’entrée du village. Il faut rappeler que les puits disponibles actuellement pour le village se situent à une distance d’1 km du village.
  5. Enfin, le village se trouvant sur la piste de Bandiagara à Bankas qui canalise un trafic important de voyageurs locaux et touristes, une « buvette » est en cours d’installation au bord de la piste. Elle doit proposer des boissons fraîches, de la restauration légère, des ventes de produits alimentaires locaux, des objets artisanaux. L’électricité alimentant le réfrigérateur provient de l’installation électrique de l’école.

Ainsi, l’école constitue une infrastructure de base participant au développement local y compris dans des domaines ne relevant pas directement de l’éducation. Il s’agit d’une démarche s’inspirant du développement français de la fin du 19ème siècle où le progrès s’est fait à travers l’implantation de constructions et services abrités dans un ensemble : « mairie-école de garçons-école de filles-salle de réunion-salle des fêtes »

C’est sur cette base que nous continuons à forger notre expérience dans le village de Tégourou.

Mais nous ne nous arrêtons pas pour autant de travailler sur de nouvelles réalisations:

12 villages nous ont fait des demandes, principalement d’écoles. La plupart sont localisés dans la région de Mopti mais deux concernent des zones différentes. Une dans la région de Kayes (cercle de Diéma) l’autre dans la région de Tombouctou. Nous vous donnerons d’ici peu la liste exhaustive ainsi que les informations que nous avons récoltées et sommes en train de vérifier.

Dernier mot mais pas le moindre: le budget total du projet des 12 villages est évalué 500 000 € environs.

Nous invitons donc tous les membres à faire assault d’imagination pour chercher des sources de financement, cet aspect constituant l’élément principal de notre tâche si nous voulons continuer l’oeuvre entâmée.