Réunion avec les parents d’élèves de Tégourou

Ayant eu, une nouvelle fois, des exemples précis d’enfants à qui il aurait été facile d’éviter de graves problèmes de santé, il nous a paru indispensable d’insister auprès des adultes sur leur rôle en la matière. Une réunion avec les villageois a été organisée sur la santé et l’hygiène des  enfants.

Nous étions convenus avec le chef du village de démarrer à 19 h 30, après la fin des travaux agricoles. Amaga Kodio du CAP (Centre d’Animation Pédagogique, l’équivalent de notre rectorat) et Boureima Ouologuem de Malaria Project sont intervenus respectivement sur les thèmes de l’hygiène et de la santé. Un grand merci à eux pour s’être déplacés de Bandiagara à Tégourou après leur journée de travail et un grand merci aux villageois qui ont également pris sur leur temps de repos pour participer à cette rencontre.

De nouveaux rappels ont été faits sur l’hygiène , l’utilisation des latrines, la manière de traiter les plaies bénignes, etc  … et, surtout,  l’eau.

Bien que les programmes scolaires insistent sur les précautions à prendre en utilisant l’eau, bien que des leçons récurrentes soient données sur le sujet, il n’est pas facile pour des enfants de résister, lorsqu’il fait 40 ou 50°, à l’attrait du marigot (l’eau y fût-ce t elle stagnante !); et on comprend qu’ils préfèrent y faire leur toilette et y laver leur linge plutôt que de puiser l’eau au puits et… de manquer une bonne partie de rigolade entre copains . Malheureusement, cette pratique engendre immanquablement des parasitoses et beaucoup d’enfants sont atteints de bilharziose.

L’importance de ce risque sanitaire a amené la municipalité de Bandiagara à confier cette surveillance  à ses policiers ; mais, malgré leur vigilance, dès qu’ils sont hors de vue, … des dizaines d’enfants retournent s’ébattre dans l’eau vert glauque et pestilentielle. A Tégourou, nous demandons aux adultes de chasser  du marigot tous les enfants qu’ils y rencontreraient .

Le lendemain, certains villageois m’ont fait part de leur complet accord avec nos propos et, aujourd’hui, enseignants et parents surveillent de très près les environs du marigot. Voilà qui est encourageant !